Quel bonheur de revoir la troupe de L’Estrade de Moutier sur la scène du CCL, prête à lâcher ses «Top Dogs» dans l’arène du monde du travail. Une plongée grinçante dans un centre de replacement pour cadres licenciés, où d’anciens top managers doivent réapprendre à exister.
Plus de vingt-cinq ans après sa création, «Top Dogs» garde une force sidérante. Dans un dispositif proche du séminaire d’entreprise, sept cadres licenciés racontent leurs chutes, rejouent leurs entretiens, apprennent des techniques de «self marketing» et récitent les mantras du management.
À mesure que les exercices s’enchaînent, la langue de bois se fissure, laissant apparaître la panique, la honte et la solitude derrière les CV impeccables. Cette comédie féroce parle de la précarisation du travail, du burn-out et de la difficulté à exister quand tout s’effondre autour de son poste, mais aussi de notre besoin vital de reconnaissance.
Après avoir accueilli la saison passée la troupe de La Clef avec «Building», chronique acide de la vie de bureau, nous poursuivons notre exploration du monde de l’entreprise. Cette fois, ce ne sont plus les débutant·e·s que l’on broie, mais celles et ceux qui ont cru avoir réussi, et que le système renvoie brutalement à la case départ.
Urs Widmer
Auteur
Fabien Charmillot
assisté par la troupe
Mise en scène
Myriam Ruch, Mimoza Gashi, Roubina Kouyoumdjian, Geneviève Maitin, Lucien Jacquemettaz, Kader Khodja, Léonard Paget, Fabien Charmillot
Jeu
Guillaume Lachat
Régies