Espace Noir ou l’art de la persistance
Il est des taches qui ne s’effacent pas. Celles qui portent en elles des souvenirs impérissables. Celles qui donnent du relief, de la couleur. Des tenaces qui font à jamais partie des murs comme un sticker trop bien collé.
Voilà maintenant quarante ans qu’Espace Noir a marqué Saint-Imier de sa tache bien reconnaissable. Quelques années après que Bernard Born a donné naissance au CCL, son frère Maurice et sept autres membres fondateurs ouvrent les portes d’une coopérative culturelle autogérée dans la ville imérienne. Nous sommes aujourd’hui heureuses et heureux d’honorer, à travers ces quelques lignes, ce lien entre ces deux lieux amis.
«Laisser une trace», c’était l’objectif de la poignée de personnes à l’origine de la coopérative devenue depuis emblématique. Espace Noir a su porter au jour l’histoire d’une région ouvrière qui a vu naître le socialisme libertaire, tout en faisant perdurer un esprit de solidarité et d’ouverture. Avec son offre cinéma de qualité, un théâtre et des concerts engagés, une librairie florissante, des ateliers d’écriture et d’autres activités gravitant autour d’une taverne où l’on refait le monde, ce lieu fait vivre la culture autrement, entre rencontre et échange face au marasme de l’isolement et de la solitude.
Car fonctionner en autogestion, c’est réfléchir en collectif. C’est se sentir solidaire de celles et ceux qui s’engagent pour le groupe. C’est repenser le monde, collectivement. C’est ce qui rend la «tache» si belle, et qui la fait durer dans le temps malgré les remous.
Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour fêter les 40 ans d’Espace Noir, avec une série d’événements culturels et festifs, d’ateliers et de rencontres.