La Cigale et la Fourmi: une fable à relire à l’ère des comptes

Nul n’ignore la leçon de prévoyance que nous enseigne Jean de La Fontaine: «Point de salut pour l’imprévoyant», pourrait-on résumer.

D’un côté, la fourmi, symbole d’une économie rigoureuse, épargne, planifie et assure sa survie pour l’hiver. De l’autre, la cigale, tout à son art, chante l’été durant, insouciante, jusqu’à se trouver démunie.

Dans le contexte actuel où la prudence budgétaire est de mise, il est tentant de voir dans la fourmi le modèle à suivre et, dans les budgets culturels subventionnés, une cigale dispendieuse dont on pourrait aisément couper la note. Pourtant, s’arrêter à cette lecture binaire, c’est se priver d’une vérité plus riche et, surtout, d’une utilité collective essentielle.

La Fontaine a choisi de les opposer, mais il est temps de reconnaître leur complémentarité vitale. Car si la fourmi représente le travail et la subsistance, la cigale est l’âme, l’inspiration, et l’élan de la société. La fourmi ne nourrit-elle pas la cigale ? Certes. Mais sans la mélodie de la cigale, pour qui la fourmi travaillerait-elle?

Diminuer les vivres à la culture, ce n’est pas seulement réduire une dépense; c’est amputer le cœur d’une société, c’est refuser à la fourmi elle-même la joie, la critique, l’éducation, et le sens qui donnent une valeur à son labeur. C’est transformer l’hiver de l’économie en un hiver perpétuel pour l’esprit collectif.

Pascale Hinterholz, membre du comité

wilzu

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